Récit d’accouchement : Lettre à ma fille #2

Ma Chérie,

Voici le récit de ta naissance que je souhaite garder en mémoire, les souvenirs s’estompant au fur et à mesure que le temps passe. Je ne vais pas te mentir et te présenter une vision idéalisée de choses : ça n’a pas été une partie de plaisir.

Alors que tu squattais mon ventre depuis 8 mois, je suis allée à la maternité pour un contrôle de routine. La sage-femme me demande si tout se passe bien. J’hésite… je finis par lui avouer que j’ai des démangeaisons aux bras et au ventre depuis plusieurs jours. Lors de la préparation à l’accouchement, on nous fait bien dit qu’il fallait faire attention à ces signes qui pouvaient être annonciateurs d’une cholestase. Une prise de sang m’est prescrite.

Le lendemain, je me rend à la clinique, analyses en main.  On m’annonce qu’il y a un risque pour ta santé et que je vais être déclenchée deux jours plus tard. Et là ma chérie, ta maman n’a pas été très courageuse.

Je me suis effondrée en suffoquant dans la voiture et ai appelé mes parents comme une petite fille. Ils ont paniqué et cru qu’il t’était arrivé quelque chose de grave. Je n’étais plus en état de conduire, ils ont du venir me chercher… Je n’étais pas prête à accoucher, pas encore. Il y avait tant à faire. Je pensais disposer de trois semaines minimum pour tout mettre en ordre.

Nous étions vendredi et devions déménage ce week-end là. L’intervention était programmé le lundi.

Après une journée intense de déménagement avec l’aide de toute ta famille, je me suis écroulée sur le lit pour la première nuit dans notre nouvel appartement. Ton petit lit avait été préparé par ta bonne maman, mais ta chambre n’était pas encore prête.

A minuit, j’ai perdu les eaux, comme si tu avais compris que tu pouvais venir puisque nous avions de quoi t’accueillir. Nous sommes partis à la maternité deux heures plus tard. Tu allais nous faire attendre plus de vingt heures avant de pointer le but de ton nez.

Les sages-femmes se succédaient, ton petit cœur commençait à flancher, fatigué par tous ces efforts pour sortir. Une nuée de personne est soudainement entrée dans ma chambre et m’a transporté en bloc opératoire, m’annonçant rapidement qu’ils allaient procéder à une césarienne d’urgence afin de ne pas te perdre. Je me suis retrouvée dans un état second, nue, à me faire engueuler par un anesthésiste indélicat parce que je pleurais nerveusement face à la soudaineté de cette intervention. Ton papa avait heureusement pu m’accompagner. Il m’a tenu la main tout du long, c’était tout ce qui m’importait.

Je n’ai rien senti, on t’a présenté à moi, je t’ai embrassé sans vraiment comprendre ce qui m’arrivait, tu es partie en couveuse suivie par ton papa à qui j’avais demandé de ne pas te lâcher.

Je n’ai gardé que peu de souvenir des heures suivantes, encore un peu shootée par l’anesthésie… J’étais juste impatiente de te rencontrer de te tenir dans mes bras pour la première fois.

Et puis vous êtes revenus tous les deux, j’ai enfin pu t’avoir contre moi, faire le premier peau à peau. Nous sommes remontés dans notre chambre et avons passé notre première-courte- nuit ensemble. nous étions enfin une famille.

Je ne te dirai pas que ces moment on été les plus merveilleux de ma vie, ceux qui ont suivi l’étaient plus encore. Le défilé des amis et de la famille dans ma chambre, leur joie de te rencontrer sont des moment précieux que je garde dans mon cœur… Te poser contre mon ventre où tu étais encore quelques heures auparavant. Voir ton papa te donner ton premier bain. Recevoir tous ces cadeaux, signe que tu étais attendue et déjà tellement aimée.

Pourvoir s’appuyer sur toute une famille pour surmonter le rythme des premières nuits et des premiers jours.

Tu as fait de nous une famille. Tu as rassemblé ma famille autour de toi. Nous sommes plus que jamais unis grâce à toi. C’est le plus beau cadeau que tu pouvais nous faire.

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6 réflexions au sujet de « Récit d’accouchement : Lettre à ma fille #2 »

  1. Ca se passe rarement comme on l’avait prévu! J’espère que tu n’en gardes pas un souvenir amer. Pour ma 2ème, j’ai raté la péridurale car le service était débordé, j’ai beaucoup souffert, mais surtout, le gaz hilarant m’a créé une drôle d’impression et j’ai eu l’impression de rater complètement ce moment là. Heureusement que ça n’a été que temporaire, quelques heures après tout était passé, mais ça faisait bizarre!

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    1. Etonnement je n’en garde pas un souvenir amer, j’espère juste pouvoir accoucher « normalement » la prochaine fois. Ça fait parti de notre histoire. Et puis j’étais tellement soulagée qu’elle aille bien !

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  2. C’est très beau ce passage sur la famille : j’ai eu le même effet pour M : elle a redistribué les rôles en créant grands parents, oncles et tantes mais elle nous a tous fédèré autour d’elle

    Aimé par 1 personne

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