La petite cuisinière rose

 

Les parents hyper rétrogrades que nous sommes ont osé offrir un cadeau genré à notre fille. Un cadeau qui la ramène à sa qualité de femme, destinée à rester dans sa cuisine… J’ai nommé la cuisinière.

Pire, nous l’avons choisi rose, pour bien rester dans les clichés des catalogues de jouets. J’ai encore vu passer pas mal de critiques cette année au sujet des de la classification des jouets dans les catalogues qui renvoient les petites filles à leur condition de princesse-ménagère et les petits garçons à un avenir prometteur de super héros, de savant fou ou de chevalier. J’avoue que ces polémiques m’agacent un peu dès lors que les magasins de jouets ne font que répondre à une demande et -à mon humble avis-, ne cherchent pas à reproduire un quelconque modèle fut-il ou non sexiste.

Pour ma part, jouer à la poupée, à la dînette, à la marchande ou à la coiffeuse ne m’a pas empêchée de faire les études qui me plaisaient et d’exercer la profession de mon choix et je pense qu’il en sera de même pour ma fille. Il y a  encore pas mal de boulot de ce côté là, mais espérons que dans 20 ans les choses auront VRAIMENT changées et qu’elle pourra exercer sans être discriminée en raison de son sexe.

De même, je ne renie pas le rose pâle pour ses vêtements et ses jouets -même si j’ai plus de mal avec le rose criard- et lui offrir des jouets connotés « de fille » ne me pose pas de problème. D’ailleurs,  nous ne lui imposons pas telle ou telle catégorie de jouets. Depuis quelques mois, nous nous renseignons à la crèche afin de savoir vers quelles activités elle se tourne plus facilement.

Dernièrement, elle jouait beaucoup à la dînette avec ses amis. Nous avons donc opté pour une jolie dînette Vilac en bois, qui se trouve être rose et jaune. Mais pour son anniversaire, qui arrive bientôt, je pense que nous nous tournerons vers une draisienne ou une mallette de docteur, jouets qui la fascinent ces dernières semaines.

Le début d’année ayant été chargé, nous ne n’avons monté la cuisinière que ce week-end. Plutôt que de l’installer dans sa chambre, nous l’avons mise dans le cuisine, entre la porte et la machine à laver.

Et c’était l’idée du siècle -enfin, celle de mon mari, je l’avoue. Je peux désormais cuisiner tranquillement, elle me prépare un thé avec des petits gâteaux pendant ce temps et ne reste pas dans mes jambes à réclamer que je la prenne dans mes bras. Mon mari peut charger le lave-vaisselle sans que de petites mains ne cherchent à attraper les couteaux, elle préfère faire sa vaisselle dans son petit évier. Pour les parents, c’est la tranquillité assurée.

Alors bien entendu, nous aurions pu installer un établi ou un bureau de PDG, mais je ne pense pas que la possession d’une cuisinière, rose de surcroît, fera de ma fille une ménagère docile qui reproduira des clichés sexistes. Il me semble qu’elle est juste heureuse de participer à sa manière à la vie de la maison. Et un petit garçon se serait autant amusé selon moi.

Elle voit ses deux parents se partager les tâches ménagères de manière presque égalitaire. Dans son esprit, il s’agit de choses de la vie quotidienne, qui n’ont rien à voir avec la condition masculine ou féminine.

L’éducation à la parité des enfants commence à la maison, dans l’intimité du foyer. Quand une petite fille  veut aider son papa à vider le lave-vaisselle ou étendre le linge. Quand un petit garçon veut aider sa maman à faire la cuisine. Car les parents sont les premiers éducateurs et les premiers exemples. Et tous les catalogues de jouets du monde ne peuvent rien contre cela.

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6 réflexions au sujet de « La petite cuisinière rose »

  1. Je me questionne moi même beaucoup sur le sexisme et les jouets genrés, je fais probablement partie de ceux qui ont un discours agaçant… Il y a d’ailleurs quelques articles à ce sujet sur mon blog. Et pourtant, nous avons nous aussi offert une cuisinière en bois rose à notre fille pour Noël, et des poupées… Il y a aussi beaucoup de rose dans ses habits. Je pense qu’il est normal de suivre les envies de nos enfants pour les jouets, les vêtements… Mais je pense aussi qu’il est primordial que l’on s’interroge sur le sexisme de notre société. C’est notre rôle de mère et de femme. Et pour moi le simple fait de se questionner et d’ouvrir l’esprit de nos enfants à des jouets qui ne sont pas de « leur genre », ou de leur montrer le partage des tâches équitable dans notre quotidien, c’est déjà une éducation à l’égalité homme femme. On a beau dire, les industriels des jouets jouent sur le genre pour faire du chiffre, et font peu d’effort pour valoriser l’égalité (après, c’est pas forcément leur rôle, on est d’accord).

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    1. Merci pour cette réflexion très intéressante. Personnellement, j’ai tendance à considérer que les industriels du jouet ne font que répondre à une demande et que le changement est à opérer en premier lieu dans nos foyer. Mais effectivement, je suis à 100 % pour une réflexion sur sexisme dans notre société !

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  2. Très juste!L’important c’est la façon dont on présente les choses à nos enfants…Ma plus grande fille est un stéréotype sur pattes, du rose, des paillettes et des princesses, j’essaie de lui faire comprendre qu’on n’est pas obligées de suivre ce chemin là, mais elle a bien le temps d’évoluer si elle veut! Comme tu dis, on ne m’a jamais « bridée » mais l’éducation de mes parents m’a suffit à comprendre qu’il n’y a pas une case unique où s’intégrer.

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