Et le cafard du dimanche soir.

Depuis que je suis toute petite, j’ai un gros cafard le dimanche soir, à l’heure ou le soleil commence à redescendre dans le ciel.  Plus jeune, c’était l’angoisse de reprendre le chemin de l’école pour une longue semaine devant le tableau noir, d’être notée, de quitter le nid douillet de la maison.

Ce cafard avait un peu disparu avec les années étudiantes, les semaines plus flexibles et la possibilité de faire la fête même en semaine.

Depuis que je travaille, ce cafard me reprend tous les dimanche soir sans exception. La tristesse de devoir la laisser, le stress de la semaine à venir, la peur de ne pas pouvoir tout gérer.

L’été, il attend 18 heures pour se manifester, mais l’hiver avec les jours qui raccourcissent, ce fichu cafard me prend dès 15 heures 30.

C’est donc le cœur gros que nous sommes allées nous promener dans ce bois que nous affectionnons particulièrement, même en cette saison glaciale où les arbres se dressent dépouillés et sinistres.

Je ruminais, il était silencieux, seule notre fille gazouillait devant nous.

Et puis je les ai vu. un petit couple d’environ quatre-vingt ans qui marchait ensemble, courbé.

Je lui ai dit : « Regarde ces deux là, c’est nous plus tard, au crépuscule de notre vie. Nous aurons construit notre famille, connu les nuits blanches, les difficultés avec les enfants. La vie professionnelle avec ses hauts et ses bas. Les amis, les sorties. Puis les enfants partiront, nous resterons tous les deux. Ils auront des enfants à leur tour et viendront nous rendre visite de temps en temps. Les autres dimanches, nous irons nous promener tous les deux, un peu tristes. Nous regarderons ces familles qui se promènent et repenserons à nos plus belles années. »

Nous l’oublions souvent, pris dans ce quotidien chronophage, mais nous vivons nos plus belles années, celles de la construction et du challenge permanent. Celles où nous voyons notre poupette grandir et espérons agrandir la famille. Celles où nous rêvons de nos réussites futures et essuyons nos premiers échecs. Celles où nous dormons moins, et vivons plus.

Celles où tout est encore possible. A nous de savoir en profiter.

Et vous, le dimanche soir, ça se passe comment ?

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2 réflexions au sujet de « Et le cafard du dimanche soir. »

  1. J’ai été prise longtemps et jusqu’à très récemment pas ces angoisses du dimanche.
    La méditation m’a permis d’aborder et traverser les choses autrement.
    Et puis je suis une pratiquante du gouter. Alors j’invite ou me fait inviter pour que la fin de journée soit moins difficile.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, c’est vrai que les dimanches soirs sont moins difficiles quand on invite du monde..; pour nous c’était soirée pizza l’année dernière… Depuis, on a un peu laissé tomber, mais je crois qu’en 2017, il va falloir remettre ce rituel en place !

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