Le nerf de la guerre

Hier, nous avons eu une dispute monumentale. En cause, le mal de ce siècle : l’argent.

Lui trouve que l’on dépense trop, et moi pas assez. Lui trouve que que nos économies ne sont pas suffisantes. Pour ma part, je préfère voyager.

Chaque fois, plusieurs fois par an, c’est la même rengaine, il faut préparer les vacances. Poser des jours. Réserver quelque chose. Planifier, organiser. Et payer à l’avance !

Et là, nos deux conceptions se heurtent. Lui se contenterait volontiers d’aller visiter nos familles, de se reposer à la maison. Pour ma part, j’ai besoin d’ailleurs, de m’échapper quelques jours du quotidien.

Au début de notre mariage, la question allait de soi : j’étais étudiante, il bossait depuis peu, nous n’avions pas beaucoup de vacances à prendre. J’allais rejoindre mes parents de temps en temps, il restait à Paris et s’arrangeait pour faire des heures sup’ afin de nous offrir quelques jours ensemble.

Il s’agissait de vacances modestes, tout était budgétisé : l’essence, le péage, le logement, le plein de course et l’éventuel resto de fin de séjour.

Nous imaginions souvent nos vacances une fois devenus riches -ou du moins en ayant deux salaires- rêvant de restaurants de beaux hôtels et surtout de ne plus compter.

Puis notre fille est arrivée, j’ai terminé mes études et ai commencé à travailler. On ne va pas se mentir, la vie est plus facile, malgré la crèche, la babysitter et la chambre supplémentaire. Mais il faut quand même compter un peu.

Et compter c’est sa spécialité : les tableaux Excels, les budgets, les prévisionnels. Pour ma part, j’ai développé une sort de phobie des comptes, des banques et des papiers. Je me fie à mon instinct. Et à ses tableaux, un peu.

Maintenant que nous en avons les moyens, je souhaiterai m’offrir de belles vacances. Pas forcément bien loin, en Europe ou en France, une jolie location, quelques resto, beaucoup de visites. Mes parents m’ont appris à faire confiance à la vie et à profiter de l’instant présent, tout en prévoyant un peu l’avenir. Chez nous les vacances étaient sacrées.

Chez lui seul le travail, les belles demeures et les chouettes voitures avaient de l’importance. Deux semaines de vacances par an, c’était bien suffisant. S’en passer, encore mieux.

Alors quand nos deux conceptions s’affrontent, il est difficile de trouver un terrain d’entente. Difficile pour moi de ne pas passer pour une gamine pourrie-gâtée. Difficile pour lui de ne pas passer pour un grippe-sou. Difficile pour nous de laisser de côté nos héritages familiaux.

Du coup, on gueule, on parle, on se fait la tête. On essaie d’avancer, de comprendre l’autre. De faire des concessions. Je négocie, il me raisonne. On trouve un terrain d’entente. On s’embrasse, problème résolu. Jusqu’aux prochaines vacances…

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4 réflexions au sujet de « Le nerf de la guerre »

  1. J’aurai pu écrire ces mots, tous ou presque. Le même problème nous oppose lui et moi, avec l’option « phobie de l’avion (ou autre moyen de transport piloté par un autre que lui) » en plus. Alors on applique le compromis à la belge: une année, on loue un appart pas trop loin, on cuisine, on range et on nettoie, l’année suivante, on se prélasse à l’hôtel. Heureusement, la découverte est au rendez-vous chaque année! Vive les vacances!

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